Conakry, le 9 mai 2026, l’ONG « Culture et Fierté Guinéenne » (CUFIG) a tenu une conférence de presse ce samedi à Conakry. Sous le thème « Tradition culinaire et autonomisation des femmes », l’organisation a annoncé le lancement officiel du Festival du Konkoé, un événement qui dépasse la simple dégustation pour s’inscrire dans une démarche de reconnaissance internationale.
Pour la Présidente-Fondatrice de l’ONG CUFIG, Hawa Binttina Soumah, ce festival est avant tout un acte de reconnaissance nationale. Elle déplore une habitude solidement ancrée : celle de ne célébrer les grandes figures de la culture qu’après leur disparition.
« Nous devons changer nos habitudes : trop souvent, nous ne rendons hommage à nos fiertés qu’à titre posthume. C’est pourquoi notre ONG a décidé d’honorer ces talents guinéens, ces maîtres dans leurs domaines, de leur vivant », a-t-elle déclaré avec conviction.
Après trois éditions réussies de la « Fête de la gastronomie », l’ONG a choisi de braquer les projecteurs sur un produit emblématique : le Konkoé. Véritable ambassadeur de la table guinéenne, ce poisson fumé est au cœur de l’identité culinaire du pays.
L’objectif affiché est d’obtenir l’inscription du Konkoé au patrimoine de l’UNESCO.
« Pourquoi le Konkoé ? Parce qu’il est notre miroir. C’est le poisson le plus consommé chez nous, et sa renommée dépasse nos frontières », explique Mme Soumah.
Le festival servira de plateforme pour rassembler la documentation nécessaire à la constitution d’un dossier solide destiné au ministère de la Culture.
Présent à la rencontre, Zézé Zoumanigui, représentant le ministère de la Pêche et de l’Économie Numérique, a réitéré le soutien indéfectible des autorités à cette initiative. Au-delà de l’aspect culturel, le projet touche à des enjeux économiques majeurs, notamment le développement du secteur halieutique dans des zones clés comme Taouyah, Kaporo ou Kipé.
L’accent a particulièrement été mis sur l’autonomisation des femmes, piliers de la transformation des produits de la mer. « Le projet de reconstruction du débarcadère, financé à hauteur de plusieurs milliards de francs guinéens, vise à offrir aux femmes du secteur de la pêche davantage de sécurité, de visibilité et de confort », a souligné M. Zoumanigui.
Ce festival, qui mêlera gastronomie et prestations artistiques, s’annonce comme un rendez-vous incontournable pour la valorisation du savoir-faire guinéen et l’amélioration des conditions de vie des travailleuses du secteur. Ce festival debutera du 15 au 17 mai prochain à la Bluezone de Kaloum.
Bahdjiwo700@gmail.com
00224621838593
