Ce mercredi 26 mars 2025, le procès en appel d’Aliou Bah, président du parti MODEL, s’est ouvert devant la Cour d’appel de Conakry. Condamné en première instance pour offense et diffamation contre le chef de l’État via un système informatique, le leader politique a rejeté toutes accusations portées sur sa personne.
Dès l’ouverture de l’audience, les avocats de la défense ont dénoncé une injustice à l’encontre de leur client.
«On accuse notre client d’avoir injurié le président de la République, mais qui est ce président ? À l’état actuel, nous avons un chef de l’État, pas un président de la République »,a estimé Me Mohamed Traoré.
Face à la réaction de la défense, le procureur général n’a pas tardé à contre réagir.
« Tout citoyen guinéen qui estime que nous n’avons pas de président de la République peut saisir la chambre administrative et constitutionnelle de la Cour suprême», a contre réagit Fallou Doumbouya.
Il a justifié l’appel du parquet en affirmant que la peine prononcée en première instance était trop clémente, compte tenu de la gravité des faits reprochés à Aliou Bah.
« L’infraction d’offense au chef de l’État est d’une extrême gravité. La peine prononcée est bien en deçà du minimum légal”, a-t-il soutenu devant la Cour.
Sur la question soulevée par la défense concernant le statut du chef de l’État, le magistrat a invité les avocats d’Aliou Bah à consulter le procès-verbal n°001 du 16 septembre 2021 du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).»
Après ces échanges tendus entre la défense et le parquet, l’audience s’est poursuivie avec l’audition de Aliou Bah.
À la barre, le prévenu a défendu son engagement politique et a dénoncé son arrestation, qu’il juge arbitraire.
« Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés. Il a été clairement établi, lors du procès en première instance, que les arguments avancés pour justifier mon arrestation et mon emprisonnement sont infondés. »
L’acteur politique a dans sa déclaration, mis à profit la crédibilité grandissante de son parti, qu’il considère comme une alternative sérieuse pour l’avenir du pays.
« Je suis un acteur politique, un père de famille, un travailleur, qui n’a jamais comparu devant une juridiction pour une quelconque infraction, encore moins pour un crime. Je n’ai jamais eu d’ennuis avec la justice. Mon engagement politique est connu et mes critiques sont toujours restées dans le cadre légal. »
Aliou Bah a relaté les événements survenus à la frontière de Pamelape alors qu’il se rendait à Freetown pour des raisons privées. Selon lui, aucune notification ne lui a été faite au moment de son interpellation : « Nous avons été gardés pendant plus de quatre heures à la frontière avant d’être conduits à Conakry dans des pick-up de la gendarmerie, composés d’hommes cagoulés et lourdement armés. »
Son séjour en détention a également été marqué par des conditions difficiles : «J’ai passé plusieurs nuits dans une cellule insalubre, couché à même le sol, partageant l’espace avec des inconnus. J’ai enduré cette situation en connaissance de cause, car je sais ce qu’implique un engagement politique dans notre pays. »
« Je ne méritais pas cela, mais je ne regrette rien»
Malgré cette épreuve, l’homme politique se veut résilient et fidèle à son combat : « J’estime que je ne méritais pas cela. Mais si ce sacrifice est nécessaire pour que les Guinéens se sentent mieux un jour, je ne le regrette pas, car je n’ai causé de tort à personne. »
Pour Aliou Bah toutes ses déclarations ont été faites dans un cadre légal, lors de meetings ou d’interviews avec les médias.
Les avocats de la défense ont demandé auprès de la Cour, la médiatisation du procès pour permettre à l’opinion de comprendre les contours du procès. Une demande que le ministère public trouve inopportune.
La juge a renvoyé le dossier au 9 avril prochain pour statuer sur la demande de médiatisation de la défense.
Le président du MoDeL a été retourner à la maison centrale où il va encore garder son mal en patience.
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