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Journée internationale de la liberté de la presse : le SPPG formule des recommandations 

Assiatou Camara

À l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse, le Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG) a lancé un appel face à la situation critique que traverse le journalisme guinéen.

 

Alors que l’UNESCO a choisi pour thème mondial « Informer dans un monde complexe : l’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse », le SPPG a recentré l’attention nationale sur une problématique brûlante : « Informer dans un pays en transition militaire ».

 

Depuis plus de deux ans, les journalistes guinéens exercent dans un climat de plus en plus hostile : médias fermés, suspensions arbitraires, intimidations, censure, autocensure et détentions illégales sont devenus monnaie courante. Le cas du journaliste Habib Marouane Camara, disparu depuis le 3 décembre 2024, symbolise cette dérive inquiétante.

 

Selon le dernier rapport du SPPG, 70 atteintes graves à la liberté de la presse ont été recensées en 2024, contre 23 en 2023 – soit une hausse de 204 %. Sur le plan international, la Guinée perd 25 places dans le classement de Reporters Sans Frontières, tombant de la 78e à la 103e position mondiale.

Face à cette situation, le SPPG appelle à une prise de conscience nationale et à un dialogue sincère entre toutes les parties prenantes : autorités, patrons de presse, partenaires africains et internationaux. L’objectif est clair : sauver le journalisme indépendant et éviter l’effondrement démocratique.

 

Le syndicat rappelle que la liberté d’informer est protégée par des textes nationaux et internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Charte de la transition guinéenne.

Des recommandations fortes

Le SPPG formule plusieurs recommandations clés :

 

Aux autorités :

 

Rétablir les médias injustement fermés

 

Publier les conclusions de l’enquête sur Habib Marouane Camara

 

Garantir la sécurité des journalistes

 

Associer le SPPG aux réformes du secteur

 

Augmenter la subvention à la presse, incluant le syndicat

 

Intégrer le SPPG à la Haute Autorité de la Communication (HAC) avec une représentativité équivalente à celle du patronat

 

À la HAC :

 

Lever la suspension du journaliste Toumany Camara et de son site Presse Investigation

 

Appliquer les règles de suspension en cas de diffamation uniquement dans les cas prévus par la loi

 

Aux patrons de médias :

Signer la convention collective pour améliorer les conditions de travail

Assurer la formation continue des journalistes

À la communauté internationale :

 

Soutenir la liberté de la presse et la sécurité des journalistes

 

Accompagner la formation des journalistes en période électorale

Appuyer les efforts de médiation engagés par l’ONU

Le SPPG insiste également sur les devoirs des journalistes : rigueur, vérification des faits, respect de la vie privée et rejet de tout discours de haine. Car si la presse doit être libre, elle doit aussi être responsable.

En ce 3 mai, la presse guinéenne ne célèbre pas. Elle résiste. Elle alerte. Et elle espère. Le message du SPPG est clair : sans liberté de la presse, il n’y a ni démocratie, ni développement.

Bahdjiwo700@gmail.com 

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